Exposition avec Biancaleevasquez Earthbody, Ghislaine Portalis et Syd Krochmalny
24 février – 17 mars 2018

Julio artist-run space. 13 Rue Juillet, 75020 Paris, France

Les artistes d’Assemblage#10 engagent dans sa démarche une idée du corps qui accepte de faire de
soi même un sujet d’expérience, dans toute sa diversité.
Ils peuvent faire du corps le canal d’intégration et le dénominateur commun d’une somme d’attitudes
militantes par rapport à des thèmes de société comme le pouvoir ou le genre en décloisonnant les
pratiques pour constituer une démarche artistique pluridisciplinaire.
Se référer à des fragments du corps reconnus comme symboles de la féminité pour les faire
apparaître comme des espèces ambiguës du vivant.
Ou encore, dans une pratique performatique, mettre en scène son corps dans la nature en le faisant
jouer comme un élément éclaireur de la place de l’humain, pour dévoiler des liens que le monde
actuel ne veux pas reconnaître.
Syd Krochmalny s’interroge sur des thèmes de société, politique et sexualité. Il amène à son travail
des éléments du dehors du champ artistique et produit des œuvres hybrides qui méritent d’être
interrogées de manière interdisciplinaire. Elles se déclinent en peintures, textes de chansons, essais
philosophiques, critiques d’art ou performances dans un exercice conceptuel de création de contenus.
The Language Of The Stones se compose d’un album de douze morceaux fait en collaboration avec
Santos Dumont et des peintures qui font écho aux paroles des chansons. Dans la première chanson,
Absolut, on entend :
I am a body now / That could have not been / Except for my eyes / Each point of fossilized light 
I am blue water / Like the skylight  / In this land  / Where everything born dies 
May I speak the language of the stones  / When I walk in the village of your synapses? 
Prenant comme hypothèse du début de la vie terrestre le choc d’un astéroïde transportant avec lui les
acides aminés, Syd évoque l’existence d’un langage appartenant aux pierres qui exprimerait les
formes du vivant. Les humains ne seraient pas les seuls êtres de langage et la temporalité des pierres
donne au langage, propre à l’homme, un sens cosmique. A partir de cette théorie de la création des
corps, Syd réfléchit à un concept d'être qui dépasse la dichotomie élémentaire de la vie et de la mort.
Ghislaine Portalis transforme des objets intimement liés au corps en trophées ou en caprices de la
nature. Parfois elle effectue le procédé opposé, des formes naturelles deviennent par son regard des
représentations des parties intimes féminines dans une érotisation de l’objet.
Elle utilise des matériaux manufacturés. Pour xxxx (titre) elle prend comme point de départ des
éléments liés au corps, qui épousent la forme de la tête : des chapeaux de femme qu’elle a piqués
d’une multitude d’épingles en acier de couturière. Cette pilosité hérissée se place de l’extérieur vers
l’intérieur. Le spectateur reste interdit de toucher mais visuellement les pointes deviennent soyeuses
et souples évoquant la fourrure de quelque animal sauvage.
Dans les dessins l’objet est repris volontairement surdimensionné, et s’éloigne du lien au corps
originel pour se définir comme un élément étrange du règne du vivant.
Bianca Lee Vasquez se définit comme earth-body artist. Elle explore les liens entre la terre, le corps,
le féminin et l'inconscient au travers de performances sans spectateurs proches du rituel. La vidéo Ele
da foresta présente cinq performances réalisées en forêt d’Amazonie brésilienne dans le cadre d’une
résidence au Labverde dans la réserve Adolpho Ducke. Bianca veut renouer avec l’esprit féminin de
la terre, nommé « la déesse » par les cultures anciennes, et éveiller la force potentielle issue de
l'union avec les puissants archétypes féminins.
Elle traite son corps comme un élément de plus parmi ceux qui composent la nature. La primauté du
corps humain sur les autres êtres vivants est remise en question et en le dévêtant elle renoue avec
son essence mythologique.
Comme dit Paul Ardenne « le corps est moins que jamais une figure neutre. Un espace de conflits
plutôt, trouble décalqué de l’instabilité de la condition humaine ».

© 2017 by SK

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